30 juin 202621 août 2026 Une étude établit un lien entre la perte de compétences dans le syndrome de Kleefstra et les astrocytes, et examine la réponse à l'olanzapine Une nouvelle étude se penche sur l’un des scénarios les plus inquiétants pour certaines familles touchées par le syndrome de Kleefstra : la perte de compétences déjà acquises (régression du développement). Il s'agit d'une perte des capacités que la personne avait précédemment acquises, telles que la communication, l'autonomie, la participation à des activités ou d'autres aptitudes de la vie quotidienne. Ce terme n’a aucun rapport avec le reflux gastro-œsophagien. Cette étude, publiée en ligne le 30 juin 2026, a combiné des observations cliniques chez des personnes atteintes du syndrome de Kleefstra de type 1 avec des expériences en laboratoire. Les chercheurs ont examiné, d’une part, ce qui s’était passé chez un petit groupe de personnes ayant reçu de l’olanzapine et, d’autre part, comment les astrocytes, des cellules cérébrales qui régulent l’environnement et l’activité des réseaux neuronaux. Ce résultat constitue un indice important pour la recherche, mais ne constitue pas la preuve d'un traitement établi. Les données issues d'études chez l'homme étaient de nature observationnelle : l'olanzapine n'a pas fait l'objet d'un essai clinique randomisé et contrôlé par placebo pour le syndrome de Kleefstra. Par conséquent, l’étude ne permet pas de déterminer avec certitude dans quelle mesure le changement observé était dû au médicament, ni quelles personnes sont les plus susceptibles d’y répondre. Qu'ont étudié les chercheurs ? L'équipe clinique internationale comprenait 54 personnes atteintes du syndrome de Kleefstra de type 1, confirmé au niveau moléculaire. Cette forme est associée à l'absence d'une copie fonctionnelle du EHMT1: une seule copie du gène fonctionnel ne suffit pas pour produire la quantité habituelle de protéine fonctionnelle. Le EHMT1 code un régulateur épigénétique qui intervient dans le contrôle de l'expression génique. Sur les 54 personnes, 16 avaient reçu de l'olanzapine, un médicament antipsychotique. Selon le résumé de la publication, 10 de ces 16 personnes ont présenté une réponse bénéfique en termes de fonctionnalité quotidienne ou adaptative. Ce terme désigne des capacités pratiques telles que la communication, la gestion de soi, la participation et le degré d’autonomie ; il ne s’agit pas simplement de mesurer le quotient intellectuel. Chez quatre des seize personnes, l’amélioration a été temporaire, ce qui souligne qu’un changement initial n’est pas nécessairement stable ou durable. Parallèlement, l'équipe a utilisé des cellules humaines issues de cellules souches pluripotentes induites provenant de patients. Elle a étudié des neurones et des astrocytes, ainsi que des coupes du cortex cérébral issues d’un modèle murin présentant les caractéristiques du syndrome de Kleefstra. La combinaison des données cliniques et de laboratoire a permis aux chercheurs de formuler une explication biologiquement vérifiable des phénomènes observés. Le rôle potentiel des astrocytes et de la protéine S100B Autrefois, les astrocytes étaient souvent décrits comme des cellules qui se contentaient de « soutenir » les neurones. Nous savons aujourd’hui qu’ils jouent un rôle plus actif : ils contribuent à la régulation de l’environnement chimique, de la signalisation et de l’activité globale des réseaux neuronaux. Dans les expériences menées dans le cadre de cette nouvelle étude, les réseaux ont présenté une hyperactivité lorsque des neurones dont le fonctionnement était altéré EHMT1 ont été cultivées avec des astrocytes dont la fonction était également réduite EHMT1. L'olanzapine a inversé ce modèle de hyperactivité observé en laboratoire. Les chercheurs ont également constaté une augmentation des taux de la protéine S100B dans les astrocytes, accompagnée d'une diminution EHMT1. Lorsqu'ils ont inhibé la S100B par des moyens pharmacologiques ou génétiques, l'hyperactivité des réseaux neuronaux a été corrigée dans les modèles expérimentaux. Cela ne signifie pas pour autant que la S100B constitue aujourd’hui un test clinique permettant de diagnostiquer la perte de capacités, ni qu’il existe un traitement disponible ciblant cette protéine. La correction d’un phénotype cellulaire en laboratoire ne prouve pas que la même intervention sera sûre ou efficace chez l’homme. Cette découverte offre avant tout une hypothèse qui pourra être vérifiée dans le cadre d'études ultérieures. Qu'est-ce que cela signifie pour les familles aujourd'hui ? L'intérêt de cette étude réside dans le fait qu'elle établit un lien entre une observation clinique et un mécanisme cellulaire potentiel. Elle rassemble également une équipe internationale plus importante que d'habitude pour un syndrome aussi rare et soulève des questions précises pour les recherches futures. Elle ne prouve pas l’existence d’un traitement, la prévention de la perte des capacités ni l’efficacité pour chaque individu. Pour les familles, ce résultat ne justifie pas le début, l'arrêt ou le changement d'un traitement sans avis médical. Une perte de fonctionnement nouvelle ou soudaine, ou un changement comportemental ou psychiatrique marqué, nécessite une évaluation rapide et personnalisée. Cette évaluation peut nécessiter la collaboration de spécialistes du handicap de développement, de la psychiatrie, de la neurologie et du syndrome de Kleefstra, avec une recherche des éventuels problèmes concomitants, de troubles du sommeil, de crises d’épilepsie et d’autres causes de changement. La prochaine étape essentielle de la recherche consiste à confirmer la valeur clinique à l’aide d’études conçues de manière plus rigoureuse, dotées de critères de réponse clairs et d’un suivi adéquat. D'ici là, les données chez l'homme restent observationnelles et les résultats concernant les astrocytes et la protéine S100B restent au stade préclinique. Sources Les astrocytes contribuent à l'inversion, sous l'effet de l'olanzapine, de la régression neurodéveloppementale associée au syndrome de Kleefstra – PubMed Pour les chercheurs – IDefine Recherche EHMT1Syndrome de KleefstraS100Bperte de compétencesastrocytesrecherche sur le développement neurologiqueolanzapine